Enfin la première nuit froide !
Plus de vents dansants, amollis.
L’atmosphère est tendue et roide,
Le beau ciel d’argent dépoli
Allonge sa paix où se creuse
Le puits des étoiles neigeuses.
— Va-t-il enfin me protéger,
Ce climat soudain sans tendresse,
De ton beau visage étranger
Sur lequel mon amour s’abaisse
Comme ces œillets las, déteints,
Qu’englobent les pleurs du matin ?…

 Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

0