Que puis-je te laisser qui t’émeuve et survive
À mon souffle triste et fervent ?
Jamais ma passion ne semblait décisive
À ton esprit sombre et mouvant ?

Peut-être verras-tu un plus pur témoignage
De mon inconcevable émoi
Dans l’aveu sans propos, sans fièvre et sans image
Des jours où j’eus pitié de moi ?

 Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

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