Tu m’as retiré mon orgueil,
Puisque, riante et triomphante,
Je n’ai pas égayé ton œil !

Tu m’as rendue humble et prudente
Puisque ton soucieux esprit
N’a pas quitté sa triste pente !

Mon front reste à jamais surpris
Puisque mon cœur aux voix ardentes,
En somme, tu ne l’as pas pris !

 Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

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