L’amour et ses élans pudiques
Ont, dans leurs songes réticents,
Les noblesses de la musique.

La passion aux cris puissants,
Par ses sommets et ses abîmes
Mêle à ses vœux des pleurs décents.
— Mais il est de secrètes cimes
Où s’élaborent sourdement
L’espoir, le but, le mouvement,
Où gît, ardent, supplicié,
Invincible, au destin lié,
Mais tremblant qu’on ne le bafoue,

Le désir ! — que jamais l’on n’avoue…

 Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

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