Ce n’est pas une tendre chose
D’aimer ! L’instinct dévorateur
Pille l’âme, les yeux, l’odeur,
Et puis, lassé, il se repose.

— Et l’on regarde doucement
Ce qui causa tant de souffrance !
Et l’on est bon, l’on rit, l’on ment,
L’on évite tous les tourments
À ce faible et fragile amant,

À cause de l’indifférence…

 Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

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