Si tu rencontrais par moment
Des yeux qui sans désir inspectent
Ce qui m’émeut craintivement,
— Ton être sombre et véhément,
Ta belle voix vague et directe,
Ton beau regard sûr et dément —

Dis-le-moi, pour que je connaisse
Ces yeux qui te voient sans amour,
Et qui sauront peut-être un jour
Me consoler de ma tristesse !…

 Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

0