Que crains-tu ? L’excès ? l’abondance
D’un cœur où tout vient s’engloutir ?
Tu crains ma voix, mon pas qui danse ?
Pourtant, j’ai si peur de meurtrir,
Même de loin, ta nonchalance !
Ma main se prive de saisir
Ta belle main qui se balance.
Tu vois, je me tiens à distance,
Renonçant au moindre plaisir…

— Va, tu peux avoir confiance
Dans les êtres de grand désir !

Anna de Noailles, Poème de l’amour, 1924

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